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Planeurs de voltige en montagne

Le pilotage d’un planeur radiocommandé en montagne me fait gagner de nouveaux horizons. Horizons géographiques à l’évidence, pour voir les choses et les gens sous un autre angle. Horizons techniques, pour adapter mes modèles à un milieu extrême. Plus précieux encore, j’ai aussi la chance d’y rencontre des pilotes plus à l’écoute de leurs propres vérités.

Plus grands, les planeurs sont visiblement plus efficaces, mais la limite de chacun apparaît vite quand il faut porter le modèle, le lancer et le récupérer parfois au trou. L’équilibre est vite trouvé quand il faut marcher avec le planeur. Les exigences du vol en montagne font progresser à la fois les techniques de construction, la finesse du pilotage et la connaissance du milieu environnant. Toutes choses qui justifieraient à elles seules toute une vie de modéliste.

La voltige planeur est un jeu. C’est aussi une discipline indispensable pour améliorer la sécurité du modèle. Le parallèle entre la voltige en plaine ou en pente et la varappe en blocs ou falaises est trop évident. Si adolescent je me suis passionné pour la grimpe à Fontainebleau ou dans les Calanques de Marseille, c’était pour mieux grimper en haute montagne. Assurer ma sécurité par la vitesse de progression et par la justesse des équilibres. Avec l’âge, chargé de famille et modéliste, mon parcours a été de même nature. J’ai appris progressivement à piloter, à construire, enfin à concevoir les modèles dans une perspective d’économie de moyens et d’efficacité.
La compétition reste à mes yeux un simple moyen de se situer, comme un examen ou un concours dans un parcours professionnel. Le plaisir de gagner même s'il est intense, reste très éphémère. On devient l’homme à abattre et se prendre au jeu, enferme dans un cercle infernal. La recherche technique peut ouvrir sur d’autres activités : Plasturgie, électronique, photographie ou vidéo, voire cinéma et effets spéciaux, formation ou étude de l’environnement, sont quelques-unes des pistes qu’ouvrent une pratique intense du modélisme vécue comme une formation personnelle. Nombreux sont en effet les modélistes de talent, dont les activités professionnelles sont en rapport avec un aspect du modélisme. Les qualités requises pour être efficaces sont les mêmes. L’intérêt récent des écoles d’ingénieurs et des universités pour les robot aériens ou drones, et les résultats obtenus par les modélistes montrent bien que la capacité d’innovation des modélistes est immense.

Piloter en montagne un planeur pur est aussi une célébration du génie collectif des modélistes : C’est la forme même du planeur qui le fait voler. C’est donc une des images possibles de l’adaptation au milieu qui tend vers une perfection, toujours à dépasser. Mais c’est aussi la capacité du pilote à lire les forces invisibles que seul son planeur lui révèle, qui permet de le guider là où il peut voler. Le jeu est évident et source de sensations intenses en accord avec l’environnement. Cette harmonie momentanée est précieuse, et mérite d’être vécue, voire recherchée. Ouvrir les chemins de cette harmonie, pour transmettre à d’autres cet émerveillement n’a pas besoins d’autre justification.

Je vous propose ici de parcourir quelques-unes des pistes que j’ai pu suivre et celles que j’ai encore à découvrir. Je dois beaucoup à d’autres modélistes qui ont eu la patience de me répondre et dont la passion fut contagieuse. Si j’ai pu combiner autrement quelques uns de leurs apports, je souhaite ici, pouvoir partager les plaisirs intenses que je continue à éprouver sur les crêtes parfois escarpées où me conduisent mes planeurs.

Nous parlerons de vols sauvages, de matériels RC adaptés. Les réglages ne seront pas séparés de la conception et de la construction des modèles. Les réponses matérielles aussi adaptées soient-elles, ne doivent pas prendre la place de la réflexion personnelle et du perfectionnement du pilotage. Réduire le but à atteindre aux seuls moyens mis en œuvre conduit à la consommation forcenée et au gâchis. Le danger est alors immense de détruire par nos abus le cadre même de notre émerveillement.

Rédigé par François Cahour le Lundi 7 Novembre 2005 à 09:25 | Commentaires (2)