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Certains réalisent la reproduction d’un modèle dont la complexité se veut à la hauteur de l’image idéale, ceux-là sont maquettistes. D’autres grignotent secondes après secondes avec un racer ou un planeur, ils sont compétiteurs. D’autres choisissent de piloter pour construire une danse éphémère et unique, pour s’inscrire dans un paysage fabuleux, ils sont acrobates. Ce degré de liberté impose de se soumettre à une sorte d’initiation, assortie d’une discipline. Comme discipline ne fait plus recette, on la change en entraînement, qui fait plus sportif. Comme initiation fait par trop débutant ou trop ésotérique, on dit apprentissage, qui à son tour devient trop scolaire et laborieux. Alors, de dégradations en appauvrissements, on ne sait plus nommer la lente progression du débutant vers la connaissance, le savoir faire et au bout longtemps après, ce quelque chose qui évoque la perfection.


La maturité du pilotage s'exprime dans le vol sauvage en montagne, Aiguille Croche.
La maturité du pilotage s'exprime dans le vol sauvage en montagne, Aiguille Croche.
D’abord un jeu :

Dans toute progression il faut des repères, pour encourager, mais aussi pour relativiser. Ces repèrent donnent de la liberté à ceux qui en usent, en se situant ils comprennent où se situent les limites à dépasser. Comme la carte donne l’image du chemin à suivre. Ensuite il appartient à chacun de cheminer sur la piste ou en dehors. Le pilotage est d’abord un jeu. Spontanément, les enfants qui jouent se donnent des règles, des points de repère pour ajouter du sel au jeu, pour se situer mais aussi pour passer outre. Le débutant en pilotage s’interroge sur le niveau de sa progression. Il sait avoir beaucoup à découvrir. Ne pas se situer bien haut dans l’échelle, ne le gêne pas plus que l’enfant qui apprend à marcher, n’est lui-même gêné par la découverte du paysage à parcourir. Se situer n’est jamais très confortable et peut parfois remettre en cause l’image douillette et rassurante acquise loin des épreuves. Tout seul on est toujours et trop facilement le meilleur.

C’est donc avant tout aux débutants en vol de pente ou en vol thermique de relief, donc avant tout aux planeuristes, que je dédie ces propositions d’une classification des étapes de l’apprentissage du pilotage des planeurs. Je me limite au pilotage des planeurs, parce que c’est le domaine que j’aime et qui m’a fourni une palette d’émotions subtiles et fortes, qui s’enrichit chaque année de nouvelles nuances, de nouvelles mélodies, de nouvelles formes. Dans cet essai j’ai choisi volontairement le « je » parce qu’il s’agit d’abord d’un dialogue avec soi-même, où l’on peut se louer ou se blâmer sans que d’autres ne s’en mêlent. J’ai dénombré sept paliers qui conduisent graduellement à une certaine plénitude.

En pièce jointe: les 7 paliers du pilotage ou quelques principes pour la progression en pilotage de planeurs en montagne.

Du_reve_a_la_realite_et_vice_versa_7paliers.pdf Du rêve à la réalité et vice versa 7paliers.pdf  (760.88 Ko)


Rédigé par François Cahour le Mardi 16 Janvier 2007 à 09:58 | Commentaires (0)